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Pompe à chaleur en Wallonie : ce que la loi impose vraiment (et ce qu'elle laisse encore ouvert)

En Flandre, le raccordement au gaz naturel n'est plus prévu pour la plupart des projets neufs. En Wallonie, ce n'est pas le cas : le gaz reste une option légale pour une construction neuve. Ce qui change concrètement la donne, ce ne sont pas des interdictions technologiques nommées, mais une accumulation d'exigences qui, sans jamais citer la pompe à chaleur, rendent la voie fossile de plus en plus étroite — et qui définissent, très concrètement, ce que vous pouvez proposer et documenter comme installateur.

HVAC
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Ce que dit la loi wallonne pour la construction neuve

Trois éléments distincts, tous entrés en vigueur ou confirmés au 1er janvier 2026, structurent aujourd'hui un projet neuf en Wallonie :

  1. Interdiction des chaudières au mazout et au charbon dans tout bâtiment neuf, depuis le 1er janvier 2026 (arrêté du Gouvernement wallon du 5 juin 2025, applicable aux permis introduits après le 31 décembre 2025). Pour les bâtiments existants, le remplacement d'une chaudière au mazout reste pour l'instant possible ; l'interdiction de remplacement dans les bâtiments assimilés à du neuf (rénovation lourde touchant au moins 75 % de l'enveloppe) suivra au 1er janvier 2027, avec en prime une interdiction d'installation si un réseau de gaz naturel est disponible sur place. Au 1er janvier 2031, l'interdiction de remplacement deviendra générale, sans exception.
  2. Un minimum de 35 % d'énergie renouvelable dans la consommation annuelle du bâtiment neuf (certaines sources mentionnent un seuil alternatif de 15 % selon la SUT — la surface utile totale du bâtiment ; ce point mérite d'être confirmé auprès d'un Responsable PEB avant d'être utilisé comme argument commercial ferme). Cette exigence peut, en théorie, être rencontrée par plusieurs voies : panneaux photovoltaïques, chauffe-eau solaire, biomasse, ou pompe à chaleur. Le gaz naturel reste donc juridiquement possible en Wallonie, mais uniquement comme complément à côté d'une source renouvelable suffisante — pas comme solution isolée.
  3. Le gaz naturel n'est pas interdit aujourd'hui, contrairement à la Flandre. Cette différence mérite d'être présentée telle quelle à un client ou un architecte wallon : le choix reste techniquement ouvert. Ce qui penche en pratique vers la pompe à chaleur, c'est que combiner un chauffage au gaz avec suffisamment de renouvelable pour atteindre 35 % implique presque toujours un investissement photovoltaïque ou solaire thermique conséquent en plus de la chaudière — alors qu'une pompe à chaleur seule couvre souvent cette exigence directement, sans devoir cumuler deux investissements distincts.

Pour un installateur, l'argument commercial est donc différent de celui qui vaut en Flandre : non pas « il n'y a plus d'autre choix », mais « voici les deux chemins légaux pour atteindre 35 % de renouvelable, et voici pourquoi l'un des deux revient, dans la plupart des cas, moins cher à l'investissement total ».

Types de pompes à chaleur recommandés pour la construction neuve

  • Pompes à chaleur air/eau : l'option la plus choisie et la plus rentable, bien adaptée aux systèmes d'émission basse température comme le chauffage par le sol.
  • Pompes à chaleur eau/eau ou géothermiques : dans de bonnes conditions de sol, l'efficacité la plus élevée et le fonctionnement le plus stable toute l'année. L'investissement plus élevé est souvent compensé à terme par des coûts énergétiques plus bas. Avantage supplémentaire : le rafraîchissement passif sans mise en route du compresseur, où la chaleur extraite du logement en été est réinjectée dans le sol — la source est littéralement « rechargée » pour la saison de chauffe suivante.

Points d'attention en construction neuve

  • Planification précoce : intégrez le système de pompe à chaleur dès le début du processus de construction pour garantir une intégration optimale avec le reste de l'installation.
  • Adéquation avec le niveau d'isolation du logement et le système d'émission choisi.
  • Rafraîchissement : une pompe à chaleur réversible est précieuse pour le rafraîchissement actif en été.
  • Qualité et fiabilité : choisissez des marques et modèles reconnus pour garantir une longue durée de vie.

Pompe à chaleur en rénovation : une obligation qui arrive, pas encore une réalité

1. L'obligation à l'achat : réelle, mais pas encore en vigueur

Contrairement à la Flandre — où l'obligation de rénovation à l'achat existe depuis 2023 — la Wallonie n'impose aujourd'hui aucune obligation de rénovation liée à un changement de propriétaire. Le calendrier annoncé fin 2025 prévoit qu'à partir de 2028, l'acheteur d'un bien classé E, F ou G disposera de 5 ans à compter de l'acte authentique pour atteindre au moins le label D. Ce calendrier a déjà été révisé une fois par rapport aux versions antérieures du plan wallon (qui prévoyaient une entrée en vigueur dès 2026), et plusieurs sources le décrivent encore comme « en cours d'ajustement ». Traitez cette échéance comme une tendance forte et probable, pas comme une règle à citer avec certitude absolue à un client aujourd'hui.

Pour vous en tant qu'installateur, cela signifie : pas encore d'échéance légale concrète à brandir face à un client qui achète un bien E/F/G aujourd'hui, mais un argument tout à fait valable pour anticiper — « cette obligation arrive, autant s'y préparer maintenant plutôt que dans l'urgence en 2028 ».

Ce qui, par contre, s'applique déjà : le certificat PEB est obligatoire pour toute vente ou mise en location, et les logements classés G ne peuvent plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025 (label E minimum exigé à partir d'octobre 2028 pour la location). Une pompe à chaleur reste rarement la seule mesure nécessaire pour améliorer un label (l'isolation compte au moins autant), mais elle apporte typiquement le saut de label le plus important en une seule intervention.

2. Primes et certification : RESCert, pas seulement en Flandre

Les primes pour pompe à chaleur en Wallonie sont actuellement regroupées sous le régime temporaire Rénopack, qui s'inscrit dans le cadre plus large des Primes Habitation. Trois conditions concernent directement l'installateur :

  • L'installation doit être réalisée par un installateur certifié RESCert — cette certification n'est pas propre à la Flandre, elle est exigée dans les trois Régions belges pour l'accès aux primes pompe à chaleur.
  • L'installateur doit être inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) avec un numéro de TVA actif.
  • Un audit logement PAE2, réalisé par un auditeur agréé, est recommandé et conditionne l'accès à certains bonus (dont un bonus audit).

Le régime Rénopack, dans sa forme actuelle renforcée, a une échéance annoncée au 30 septembre 2026 — au-delà, les montants et conditions pourraient changer. Ne communiquez donc pas de montant fixe à un client : orientez-le systématiquement vers le simulateur officiel sur energie.wallonie.be pour les montants et délais réellement en vigueur au moment de sa demande.

Bonus fédéral, valable dans les trois Régions : depuis le 1er janvier 2026, la TVA réduite à 6 % s'applique à l'installation d'une pompe à chaleur dans tout logement, y compris ceux de moins de 10 ans — une mesure fédérale distincte des primes régionales, valable jusqu'au 31 décembre 2030. À l'inverse, une chaudière au gaz ou au mazout est désormais soumise au taux plein de 21 %, même dans un logement de plus de 10 ans. C'est un argument chiffré immédiat, indépendant du calendrier des primes régionales et donc plus stable à communiquer.

3. Types de rénovation et implications pour les pompes à chaleur

Rénovation classique

Lors du remplacement d'une installation de chauffage existante, une pompe à chaleur peut fortement améliorer l'efficacité énergétique — mais la faisabilité dépend fortement du système d'émission existant.

  • Pompes à chaleur air/eau : souvent l'option la plus accessible, sans travaux de terrassement importants. La compatibilité avec le système d'émission existant est cruciale, et pas seulement une question de « est-ce que ça convient » : le rendement (COP) d'une pompe à chaleur air/eau chute fortement à mesure que la température de départ augmente. Un système basse température comme le chauffage par le sol permet d'atteindre un COP de l'ordre de 4 ; la même pompe à chaleur retombe typiquement à un COP de 2,5 à 3 avec des radiateurs classiques à une température de départ de 55 à 65°C. La logique est la même que pour un système hydraulique mal équilibré : plus la température exigée de l'appareil est élevée, plus le gain par rapport à une solution fossile se réduit. Dans un logement ancien à radiateurs traditionnels, une version haute température reste possible, mais n'est souvent réellement rentable qu'associée à un système basse température ou à une isolation complémentaire.
  • Pompe à chaleur hybride : une pompe à chaleur air/eau combinée à une chaudière à condensation au gaz, qui intervient lors des pics de demande ou quand la pompe à chaleur est moins efficace. Les radiateurs existants peuvent ainsi être conservés sans subir pleinement la chute de rendement décrite ci-dessus — une option d'autant plus pertinente en Wallonie que le gaz y reste une solution légale à part entière, pas un pis-aller temporaire en voie de suppression comme en Flandre.
  • Pompe à chaleur air/air : particulièrement utile là où aucun système central à eau n'est présent, ou pour une solution rapide combinant chauffage et rafraîchissement. Ne remplace pas toujours totalement un système central, mais contribue de façon significative à l'efficacité énergétique et au confort.

Rénovation énergétique en profondeur

Face à des exigences de performance plus élevées, une pompe à chaleur efficace devient encore plus déterminante. L'air/eau est ici généralement le plus indiqué, associé à une bonne isolation et à un système d'émission basse température. Gardez à l'esprit l'échéance de 2027 : si la rénovation est assimilée à du neuf (≥ 75 % de l'enveloppe) et qu'un réseau de gaz naturel est disponible, l'installation d'une nouvelle chaudière au gaz n'y sera plus autorisée à partir de cette date.

Pro-Toolbox : liste de contrôle avant de conseiller une pompe à chaleur en rénovation

  • Mesurez ou demandez la température de départ de conception réelle du système d'émission existant — ce facteur détermine le COP réellement atteignable, davantage que la marque ou le modèle de la pompe à chaleur
  • Réalisez un calcul de déperdition thermique basé sur la valeur d'isolation réelle, pas sur une règle empirique, et évitez les marges de sécurité excessives : une pompe à chaleur fortement surdimensionnée entraîne davantage de cycles marche/arrêt et un moins bon rendement à charge partielle qu'un appareil correctement dimensionné
  • Vérifiez votre certification RESCert et votre inscription active à la BCE si une prime Rénopack est envisagée pour votre client
  • Renseignez-vous sur l'opportunité d'un audit PAE2 préalable, qui conditionne certains bonus de prime
  • Tenez compte du niveau sonore de l'unité extérieure, surtout en zone densément bâtie
  • Pour un bien classé E, F ou G : le certificat PEB reste la référence à consulter aujourd'hui : aucune échéance légale de rénovation ne s'applique encore à l'achat, mais le calendrier 2028 se précise et vaut la peine d'être mentionné à titre préventif

En combinant votre expertise des différents types de pompes à chaleur avec une connaissance précise et à jour de la réglementation wallonne — y compris la distinction entre ce qui est déjà en vigueur, ce qui reste optionnel, et ce qui arrive — vous gagnez, en tant qu'installateur, la confiance de clients eux-mêmes de mieux en mieux informés.

Chez Van Marcke, nous réfléchissons volontiers avec vous à la solution la plus adaptée pour un projet spécifique. 

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